Qu’est-ce que… la transmisogynie

Une violence systémique au croisement du sexisme et de la transphobie, qui fragilise toutes les femmes.

On parle de quoi ?

La transmisogynie désigne la combinaison spécifique de :


  • misogynie (haine / dévalorisation du féminin)
  • transphobie (rejet des personnes trans)


Cela décrit les violences ciblant particulièrement les femmes trans, qui se traduisent en hypersexualisation, violence physique accrue, suspicion permanente, délégitimation de leur existence…

D’où ça vient ?

La transmisogynie repose sur deux idées structurantes du patriarcat :


  • Le féminin serait inférieur au masculin.
  • Les frontières entre « homme » et « femme » devraient être strictes.

Les femmes trans sont donc à la fois :


  • associées au féminin, qui est socialement dévalorisé
  • perçues comme transgressant les normes de genre

Ces violences sont encore exacerbées lorsqu’on est une femme trans racisée. On parle à ce moment de transmisogynoir, à l’intersection du 


  • racisme
  • sexisme
  • de la transphobie

Les statistiques internationales montrent que les femmes trans assassinées sont très majoritairement des femmes trans racisées, et en particulier noires ou latino-américaines*

*tgeu.org

En quoi c’est important ?

La transphobie tue, que ce soit pas des actes physiques violents, le manque d’accès aux soins, la précarité économique ou l’impact sur la santé mentale.

Quand la société traque les femmes trans, elle renforce l’idée qu’il existerait un « bon » et un « mauvais » corps féminin et cela perpétue la dynamique patriarcale de la police des corps.

Cela finit par toucher :

  • les femmes cis racisées
  • les femmes sportives
  • les femmes lesbiennes perçues comme « trop masculines »
  • les femmes intersexes

La transphobie renforce :


  • une surveillance des corps féminins dans son ensemble

  • une obsession pour « détecter le vrai sexe », qui va de la curiosité dégradante jusqu’aux
« transvestigations ».

La « transvestigation » est une pratique conspirationniste d’extrême droite consistant à prétendre que certaines célébrités, souvent des femmes noires, seraient « secrètement trans ».

On a vu ces “accusations” viser :

  • Michelle Obama
  • Serena Williams
  • Brigitte Macron
  • diverses athlètes comme la boxeuse Imane Khelif

Ce phénomène repose sur des stéréotypes racistes, une obsession pour la biologie et une vision rigide du genre.

En résumé

Quand on attaque les femmes trans, on vulnérabilise une population déjà discriminée et on renforce un système qui contrôle toutes les femmes.

C’est pourquoi les luttes féministes et trans ne sont pas opposées et qu’il est important d’embrasser un transféminisme queer, qui voit l’inclusion des femmes trans comme fondamentale aux luttes féministes, et pas comme une menace.

Aller plus loin

  • Whipping Girl, Julia Serano

  • On misogynoir: citation, erasure, and plagiarism, Moya Bailey and Trudy @thetrudz

  • Qui a peur du genre ?, Judith Butler