Comprendre les luttes féministes : leurs origines, leurs revendications et leurs enjeux actuels.
On parle de quoi ?
Les luttes féministes œuvrent à sortir les femmes de leur statut historique de propriété (donc d’objet) pour en faire des sujets à part entière et à égalité avec les hommes.
Le progrès sur ce continuum objet→sujet est inégal à travers le monde, et explique pourquoi les priorités des luttes féministes ne sont pas les mêmes partout.
Les luttes féministes militent sur différents fronts, en faveur de :
- la fin des violences sexistes et se*uelles
- l’égalité des droits entre femmes et hommes
- l’autonomie corporelle (droit à l’avortement)
- la justice économique et sociale (droit à l’égalité salariale)
D’où ça vient ?
Le féminisme occidental est souvent présenté en « vagues ».
- 1ère vague (XIXe–début XXe siècle) : droit de vote, accès à l’éducation, droits civiques.
- 2e vague (années 1960–70) : contraception, avortement, lutte contre les violences, critique du patriarcat.
- 3e vague (années 1990) : diversité des expériences, intersectionnalité.
- 4e vague (années 2010) : mobilisations contre les violences sexuelles (#MeToo), inclusion des personnes trans et non binaires.
Il existe de multiples courants féministes en dehors de l’Occident :
- Le féminisme africain post/dé-colonial, avec par exemple la sociologue nigérianne Oyèrónkẹ́ Oyěwùmí qui produit une critique du genre comme catégorie coloniale
- Le mouvement latino-américain Ni Una Menos dédié aux féminicides
- Les féminismes communautaires Autochtones qui proposent de riches approches notamment éco-féministes
En quoi c’est important ?
Même dans un pays comme la Suisse souvent perçu comme «avancé », sur ces questions, les inégalités et violences persistent.
Chaque année en Suisse on compte des dizaines de féminicides*
- En 2024, la police a enregistré 21 127 infractions dans le domaine de la violence domestique, +6,1 % par rapport à 2023.**
- En moyenne, les femmes gagnent 16,2 % de moins que les hommes***
- Les femmes assument encore la majorité du travail domestique et du temps partiel involontaire***
*stopfemizid.ch; **OFS, Statistique policière de la criminalité; ***OFS, Enquête suisse sur la structure des salaires (ESS)
En résumé
En 2026, les luttes féministes restent nécessaires parce que :
- Les femmes subissent encore trop de violences et de discriminations spécifiques, du fait de leur assignation genrée, et ce à travers le monde
- Le climat politique mondial tend à vulnérabiliser les acquis (droit à l’autonomie corporelle, aux droits reproductifs)
