Qu’est-ce que… les TERFs

Comprendre l’exclusion des femmes trans au nom du féminisme et ses conséquences politiques et sociales

On parle de quoi ?

« TERF » signifie « Trans-Exclusionary Radical Feminist ».

Le terme désigne des personnes ou des courants qui se disent féministes mais qui

  • considèrent que le genre est uniquement déterminé par le sexe biologique
  • excluent les femmes trans de la catégorie « femmes »
  • s’opposent aux droits des personnes trans dans certains domaines (sport, espaces non mixtes, reconnaissance légale, etc.)

D’où ça vient ?

Le terme apparaît dans les années 2000 dans des milieux féministes anglophones.

Il est utilisé pour distinguer :


  • les féministes trans-inclusives

  • des “féministes” opposées à l’inclusion des femmes trans

Certaines figures médiatisées ont rendu ces positions très visibles ces dernières années.


En quoi c’est problématique ?

Le féminisme a historiquement combattu :

  • la naturalisation du rôle maternel
  • l’idée que le corps détermine le destin
  • la réduction des femmes à leur biologie

Exclure les femmes trans du féminisme veut dire adopter une définition biologique et fixe de la catégorie « femme », ce qui trahit l’essence des luttes féministes.

Le patriarcat cible les femmes trans, qui subissent des violences sexuelles, du harcèlement de rue, des discriminations professionnelles, de l’hypersexualisation et de la précarité économique. 

Ces violences constituent de la transmisogynie, une discrimination à la fois transphobe et misogyne (qui dénigre le féminin). 

Les TERFs soutiennent, pour justifier l’exclusion des femmes trans, que :

  • les femmes trans n’ont pas socialisation féminine depuis l’enfance
  • elles ne partagent pas certaines expériences (ex : règles, grossesse)

​​Mais le féminisme n’a jamais exigé une expérience unique et homogène, et surtout pas biologique, de « l’être femme ». 

Les expériences diffèrent déjà entre femmes racisées, handicapées, migrantes, précaires, stériles… même quand elles sont cis.

Ce n’est pas un débat théorique ou intellectuel : exclure les femmes trans des mouvements dits féministes en les ciblant vulnérabilise une population déjà discriminée. 

De telles prises de position font concrètement reculer les droits acquis des femmes trans, notamment en matière de soins et d’accès à la vie citoyenne.

On ne peut pas défendre l’autonomie corporelle pour certaines personnes, mais pas pour d’autres.

Certains discours d’exclusion des femmes trans dans les milieux féministes ne se présentent pas toujours comme tels.

La vigilance commence lorsque :


  • Le « féminin » est défini uniquement par la biologie (utérus, vulve, menstruations, fertilité…)

  • Les personnes trans sont absentes, ou qu’elles ne sont pas explicitement les bienvenues.

  • La protection des femmes est mobilisée pour justifier des exclusions.

En résumé

Exclure les femmes trans des luttes féministes est un non-sens, car ça :

  • naturalise la catégorie « femme »
  • ignore des formes spécifiques de violence patriarcales
  • fragmente les luttes
  • crée une incohérence dans l’analyse du patriarcat
  • ignore les contributions intellectuelles et militantes des femmes trans et racisées aux luttes féministes.

Contre les TERFs, opposons un transféminisme queer, où l’inclusion des femmes trans est considérée comme inhérente aux luttes féministes.

Aller plus loin

  • Queer Zones, Sam Bourcier

  • Qui a peur du genre ? Judith Butler

  • Transgender Warriors ! Leslie Feinberg

  • Beyond the Gender Binary, Alok Vaid-Menon