Qu’est-ce que… la non-mixité choisie?

Derrière les débats, une stratégie d’émancipation collective

On parle de quoi?

La « non-mixité choisie » désigne des espaces ou des temps réservés à des personnes partageant une même expérience sociale.

Par exemple

  • groupes en non-mixité pour femmes trans
  • espaces réservés aux personnes racisées
  • groupes LGBTQIA+
  • cercles non-binaires

D’où ça vient?

La pratique repose sur le constat que les rapports de pouvoir ne disparaissent pas automatiquement dans un groupe « mixte » et que cela porte atteinte aux objectifs militants de ce groupe.

Ce n’est pas nouveau et a toujours été un outil politique stratégique dans toutes les luttes sociales.

En quoi c’est important?

La non-mixité choisie permet d’effacer, un temps, ces rapports de pouvoir et de créer un espace safe où on peut: 

  • Parler sans devoir expliquer son existence

  • Partager des vécus communs

  • Construire une force collective

Pourquoi c’est critiqué?

La non-mixité choisie est souvent taxée de «communautarisme» dangereux.

Mais lorsqu’il s’agit de conseils d’administration entièrement composés d’hommes cis et blancs, personne ne s’inquiète de cette « ségrégation ».

Ce qui inquiète, ce n’est donc pas le besoin de non-mixité en soi, mais la création d’un espace hors du cadre dominant.

En résumé

La mixité choisie, ce n’est pas de la ségrégation, un rejet définitif des autres, une fermeture permanente de certains espaces.

C’est :

  • un outil politique
  • une stratégie d’auto-organisation
  • une manière de rééquilibrer la parole

L’enjeu n’est pas d’exclure, mais de créer des conditions de participation plus justes.

Aller plus loin

  • Femmes, race et classe, Angela Davis

  • Sister Outsider, Audre Lorde

  • Talking Back: Thinking Feminist, Thinking Black, bell hooks