Reconnaître son point de vue pour enrichir le dialogue collectif
On parle de quoi?
La « parole située » désigne l’idée que toute prise de parole vient d’un point de vue particulier, que la neutralité n’existe pas.
Nos expériences sont influencées par notre genre, notre classe sociale, notre culture, notre orientation sexuelle, notre validité / handicap, notre position sociale… qui constituent des biais qu’il faut reconnaître et nommer.
D’où ça vient?
La référence majeure pour le concept de parole située est Donna Haraway qui critique l’illusion d’une science « objective » et désincarnée.
L’idée clé est que toute connaissance est produite depuis une position sociale. C’est pourquoi il devient de plus en plus courant dans les travaux académiques sociologiques de préciser « d’où l’on parle ».
En quoi c’est important?
Dans les luttes LGBTQIA+, certaines voix sont plus audibles que d’autres et certaines expériences sont passées sous silence.
L’expérience d’un homme gay blanc n’est pas celle d’une femme trans racisée.
Une personne cisgenre ne vit pas les mêmes enjeux qu’une personne trans.
Par exemple
Dire :
- « Moi, je n’ai jamais vécu de discrimination ici »
Est une expérience réelle, mais située. Cela ne signifie pas que la discrimination n’existe pas pour d’autres.
En résumé
Situer sa parole, ce n’est pas interdire de parler, hiérarchiser les souffrances ou réduire les personnes à leur identité.
C’est :
- reconnaître d’où l’on parle
- comprendre où on se situe dans une hiérarchie sociale
- comprendre que la neutralité est un mythe
- enrichir les débats par la pluralité des perspectives
Aller plus loin
- Savoirs Situés, Donna Haraway
- La science de qui ? Le savoir de qui ? Sandra Harding
- Talking Back: Thinking Feminist, Thinking Black, bell hooks
