Qu’est-ce que… l’écriture inclusive?

Décryptage d’un débat linguistique et social

On parle de quoi?

L’écriture inclusive désigne un ensemble de pratiques linguistiques visant à visibiliser les femmes et les personnes de genres minorisés dans la langue.

Elle repose sur l’idée que la langue n’est pas neutre. Elle reflète et influence les rapports sociaux.

Le principe clé est que le masculin générique n’a pas toujours existé en français mais a été imposé historiquement.

En quoi c’est important?

Sans écriture inclusive :

  • “Les étudiants doivent remettre leur dossier” → On imagine des hommes.

Avec écriture inclusive :

  • Les étudiant·e·x·s doivent remettre leur dossier → l’imaginaire change et le sujet peut être d’un autre genre que le masculin

La langue peut exclure ou inclure, et elle construit nos imaginaires.

Par exemple

Défiler publiquement, en nombre permet de : 

  • Questionner la norme : qui décide de ce qui est « normal » ?
  • Vaincre sa honte en se montrant tel qu’on est.
  • Contribuer à la construction d’une culture LGBTQIA+ : artistes, lieux, récits, drapeaux, symboles.
  • Réfléchir à l’intersectionnalité : la fierté ne se vit pas de la même manière pour toutes les personnes.

Pourquoi tant de débats?

Chaque évolution de la langue suscite des résistances :

  • féminisation des métiers
  • disparition de certaines formes anciennes
  • réforme de l’orthographe

Dans les débats publics, elle est souvent présentée comme un symbole du “wokisme”, une injonction militante ou une contrainte imposée. Cela politise fortement le débat.

En résumé

L’écriture inclusive, ce n’est pas une obligation légale, une nouvelle langue ou une attaque contre la grammaire.

C’est :

  • un outil politique et social
  • une manière de rendre visibles des réalités diverses
  • une réflexion sur le pouvoir des mots

Aller plus loin

  • Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin, Éliane Viennot

  • Le français est à nous ! Maria Candea & Laélia Véron