Quand la nature bouscule nos catégories médicales et sociales
On parle de quoi?
Une personne intersexe naît avec des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas aux définitions médicales du « corps masculin » ou « féminin ».
Cela peut concerner :
- les chromosomes
- les hormones
- les gonades
- les organes génitaux
L’intersexuation n’est pas une identité de genre ni une orientation sexuelle, mais une variation corporelle.
D’où ça vient?
Il y a environ 2% de la population qui est intersexe, soit autant que les personnes rousses.
Les mouvements intersexes contemporains émergent dans les années 1990 pour dénoncer les pratiques médicales visant à corriger, chez les bébés, ces variations corporelles, avec des effets souvent désastreux sur la vie physique et psychique de ces personnes.
À partir des années 1950, des protocoles médicaux ont en effet encouragé :
- des chirurgies précoces sur des enfants
- des traitements hormonaux
- le secret autour du diagnostic
Les revendications intersexes portent sur :
- l’arrêt des chirurgies non consenties
- l’autodétermination corporelle
- l’accès à l’information
- la reconnaissance juridique
En quoi c’est important?
L’existence des personnes intersexes remet en question une idée centrale : le sexe biologique ne serait pas strictement binaire et montre que la réalité biologique est plus diverse.
Or, le système patriarcal repose sur :
- deux sexes clairement distincts
- deux genres
- deux rôles sociaux
En résumé
- L’intersexuation est une variation naturelle.
- Le sexe biologique n’est pas strictement binaire.
- Les luttes intersexes concernent le droit à l’intégrité corporelle.
- C’est une question de droits humains.
Aller plus loin
- InterAction Suisse
- Sexing the Body, Anne Fausto-Sterling
