Qu’est-ce que… la théorie du genre?

Déconstruire un terme polémique pour mieux saisir les enjeux du genre

D’où ça vient?

Le terme « théorie du genre » n’est pas scientifique. Il a été inventé par les milieux conservateurs qui, dès les années 1990, ont voulu caricaturer les études de genre. Certain·e·x·s l’emploient pour prétendre que les chercheur·e·x·s veulent « effacer les sexes » ou 
« imposer une idéologie ».

On parle de quoi?

En réalité, il n’existe pas une 
« théorie du genre » mais un champ de recherche universitaire : les Gender Studies, en français : les études genre.

Les études de genre ne nient pas les différences biologiques, elles analysent ce que la société en fait : quelles différences viennent du fait d’être perçu·e·x par les autres comme femme ou homme ?

Sexe ≠ Genre

Le sexe = les parties génitales.

Le genre = l’ensemble des rôles, comportements et identités socialement construits.

Nous sommes socialisé·e·x·s (par nos parents, par l’école…) pour avoir certains comportements selon notre sexe de naissance.

Le sexe est donc une donnée biologique, et le genre est un construit social.

Par exemple

Si nos comportements étaient entièrement biologiques, influencés uniquement par notre sexe de naissance, alors il n’y aurait pas besoin d’élever son enfant « comme un garçon » pour « en faire un homme » – cela se ferait tout seul.

Les études de genre analysent donc notamment la manière dont la féminité et la masculinité sont fabriquées socialement, par la culture et l’éducation, au-delà du biologique.

En quoi c’est important?

Nos sociétés ont un idéal du 
« vrai homme » et de la « vraie femme » : c’est la masculinité ou la féminité dite hégémonique, considérées comme étant la normalité et supérieures aux autres.

Les études de genre démontrent que ces idéaux ne sont pas la manière naturelle et correcte d’être une femme ou un homme, mais juste la manière valorisée d’interpréter ces rôles genrés.

Les personnes queer ne sont donc pas des « garçons manqués » ou des « efféminés» : nous vivons le genre de nombreuses autres manières possibles que celle de la norme binaire dominante.

Et le droit d’exprimer ouvertement ces divergences de la norme sexuelle et genrée, sans discriminations (moqueries, difficulté d’accès au logement, au travail…) c’est le cœur des luttes LGBTQIA+.

En résumé

Si les milieux conservateurs s’attaquent aux études de genre, c’est qu’elles démontrent qu’il n’y a pas un ordre genré qui serait naturel : les hommes au pouvoir et les femmes (idéalement enceintes) à la cuisine. 


Déconstruire les identités de genre va à l’encontre de ce projet politique dit “traditionnel” – qui fait semblant d’ignorer les nombreuses personnes queer qui n’adhèrent pas, depuis des siècles, à cette version de la “normalité”.

Aller plus loin

  • Sortir de l’hétérosexualité, Juliet Drouar

  • Transphobia, Une enquête sur la désinformation et les discriminations transphobes, Élie Hervé

  • Queer Zones 1, 2 et 3, Sam Bourcier

  • Trouble dans le Genre, Judith Butler