Repenser notre société par le lien plutôt que par la performance
On parle de quoi?
Le mot care vient de l’anglais : il signifie « prendre soin ». Dans les années 1980-1990, des chercheur·e·x·s et féministes (comme Carol Gilligan et Joan Tronto) ont développé l’éthique du care, une manière de penser la société à partir de la vulnérabilité et de la relation plutôt que de la compétition et refuser l’indifférence à la souffrance d’autrui comme norme sociale.
D’où ça vient?
Notre société valorise la performance, la force, la productivité. Le care rappelle que la fragilité, la maladie, le handicap, la vie émotionnelle font aussi partie de l’humain.Le care, c’est une éthique du lien qui part du constat que nous dépendons tous·x·tes les un·e·x·s des autres : personne ne vit seul·e·x, personne n’est entièrement autonome.
Par exemple
Dans les communautés LGBTQIA+, le care a pris une dimension unique :
- Les maisons et espaces safe créés par et pour les personnes LGBTQIA+
- Les familles choisies qui remplacent ou complètent les familles biologiques
- Les fêtes, performances et marches qui célèbrent la vie malgré la peur
- Les actes quotidiens d’attention : écouter, croire, protéger, transmettre.
Le care radical
On parle de care radical lorsque prendre soin devient un acte délibéré de militantisme, qu’il est pensé comme un outil de militance.
Prendre soin, c’est déjà militer, parce que cela contredit la logique d’individualisme, d’indifférence à l’autre et de performance de nos sociétés.
En résumé
L’éthique du care propose que le soin ne soit pas seulement une tâche assignée aux femmes, aux minorités ou aux « aidant·e·x·s invisibles », mais un principe structurant d’une société plus juste.
Aller plus loin
- Une voix différente: Pour une éthique du care, Carol Gilligan
- Un monde vulnérable. Pour une politique du care, Joan Tronto
