Nommer la honte intériorisée pour mieux s’en libérer
On parle de quoi?
Les LGBTphobies internalisées, c’est quand une personne a intégré, inconsciemment, le regard négatif de la société sur son identité LGBTQIA+.
Ça peut se manifester par la honte, le dégoût ou la peur de soi-même, par le fait de refuser d’être associé·e·x aux autres personnes LGBTQIA+, voire les rejeter ou les insulter.
D’où ça vient?
Cette internalisation de la haine est le reflet d’une société qui stigmatise les identités queer et personne n’y échappe complètement.
Si ce n’est pas notre faute, c’est notre responsabilité d’en évaluer l’impact sur notre bien-être et celui des autres personnes LGBTQIA+ de notre entourage.
En quoi c’est important?
Les LGBTphobies internalisées peuvent impacter profondément la santé mentale, la confiance en soi et les relations.
Reconnaître et déconstruire cette haine et honte internalisées permet de se libérer et construire des communautés plus solidaires et bienveillantes.
L’exemple de Jamie
Jamie est gay, mais il déteste l’ostentation LGBTQIA+ (soirées, drapeaux, Prides…).
Il dit souvent : « Je déteste quand les gays en font trop. ».
Il est fier de ne pas « avoir l’air gay » et se dit que si les personnes queer veulent être accepté·e·x·s dans la société, il faut qu’iels « fassent un effort » et « arrêtent de provoquer ».
Au lieu de se dire : « Si moi j’arrive à me comporter “normalement”, même si c’est difficile, pourquoi les autres ne font pas le même sacrifice que moi ? »
Il pourrait se dire : « Je n’aimerais peut-être jamais les paillettes et j’ai bien le droit, mais si j’acceptais mieux le fait d’être gay, j’arrêterais sans doute de rabaisser les autres pour les choix qu’iels font. »
Il n’y a bien entendu pas de “bonne manière” d’être gay ou queer. La bonne manière, c’est la tienne, dans le respect de celle des autres.
En résumé
Internaliser la honte et le dégoût de soi, dans une société LGBT-phobe, ce n’est pas étonnant.
Ces sentiments complexes, parfois violents, ne font pas de nous une mauvaise personne.
L’important est de veiller à la reconnaître en soi, et d’en prendre la responsabilité pour arrêter de nous blesser, nous-mêmes et les autres.
Besoin d’aide ?
LGBTQIA+ Helpline : 0800 133 133, en français les mardis et vendredis,19h-21h
Lilith : pour les femmes* queer : écoute psy les 1er mercredi du mois, de 18h30 à 20h45.pascale@associationlilith.ch
VoQueer : Accueil&Écoute sur RDV avec camille@voqueer.ch
Agnodice : entretiens psychosociaux gratuits pour personnes trans et non-binaires. info@agnodice.ch
Aller plus loin
- The Velvet Rage – La difficulté de grandir gay dans un monde hétéro – Alan Downs
- Tous les silences ne font pas le même bruit – Baptiste Beaulieu
- Podcast Camille – Camille Teste
- Podcast Les Couilles Sur La Table – Victoire Tuaillon
