Comment une injure devient un outil d’émancipation
On parle de quoi?
La réappropriation de l’injure, aussi appelée retournement du stigmate, est le fait de reprendre un mot qui a servi à blesser pour en changer le sens, le rendre positif, ou neutre.
C’est une façon de retirer le pouvoir à celleux qui l’utilisent contre nous.
D’où ça vient?
Les mouvements antiracistes, féministes et LGBTQIA+ ont, depuis les années 70, réinvesti des injures.
Aux États-Unis, la communauté s’est réapproprié le mot queer. En francophonie on peut choisir de se dire trans-pédé·e·x-gouin·e·x : par fierté, contre celleux qui ont voulu nous humilier.
En quoi c’est important?
Quand une communauté se réapproprie une injure, c’est politique. C’est un acte de désobéissance symbolique.
C’est dire : « Vous ne déciderez pas de qui je suis. ». C’est une manière de refuser la honte comme outil de contrôle social.
Pas de banalisation
Attention : seules les personnes concernées peuvent choisir de l’utiliser pour elles-mêmes.
Un mot repris par une communauté ne devient pas automatiquement acceptable pour tout le monde, y compris au sein de cette communauté. C’est une question de contexte, de lien et de respect.
Aller plus loin
- Se dire pédé, un genre en soi, LSD la Série Documentaire, Radio France (Podcast)
- Le pouvoir des mots. Politique du performatif, Judith Butler
- Retournement du stigmate : quand l’insulte rend plus fort·e, Mixte Magazine
